Histoire

Comme je l’évoque dans la rubrique Témoignage, tout a commencé avec mon expérience des 40 jours lors de la naissance de mon 3ème enfant. En bénéficiant de ce soutien et en mesurant les effets que cela avait sur moi, sur notre famille et sur ma relation à mon enfant, j’ai réalisé que cette tradition est encore pratiquée dans de nombreuses cultures, et qu’elle l’était aussi en Occident.

« Pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village »

Proverbe africain

En Chine de nos jours, une femme qui vient d’accoucher ne doit faire aucun effort physique et doit accorder une attention particulière à sa forme pendant 1 mois.  Après l’accouchement, les organes doivent reprendre leur place et leur dynamisme. Trop d’activité et un régime inadapté risquent de provoquer des troubles de la santé selon la médecine chinoise.

Au Mexique la femme est invitée à rester allongée 40 jours après l’accouchement pour reposer le corps et encourager le lien mère-enfant. Pendant cette période les femmes de sa communauté vont prendre soin d’elle et du bébé en apportant des repas, en la massant et en prenant en charge ses travaux quotidiens. Après ces 40 jours, la femme reçoit le soin traditionnel rebozo qui va marquer le retour à la vie sociale.

En Inde, l’intention primaire des 40 jours à huit clos est de fournir protection au nouveau-né délicat et sensible et de permettre à la mère de se reposer et de récupérer. Les mères sont encouragées à s’abstenir des tâches ménagères, de la préparation des repas, du nettoyage ou même de recevoir des invités.

Dans la tradition catholique, après la naissance de son enfant, la femme devait attendre sa messe de relevailles pour pouvoir reprendre ses travaux quotidiens. Tant qu’elle n’avait pas assisté à ses relevailles, une foule de précautions étaient à prendre pour la jeune femme. Elle ne devait pas pas s’occuper de divers soins du ménage et du laitage sous peine de la gâter, la lessive blanchirait mal…

Bien que toutes ces traditions portent leur lot de croyances, la sagesse qui les sous-tend reste la même: favoriser le repos de la femme et la rencontre avec son bébé.

Les femmes ont des besoins universels après l’accouchement: prendre du repos, prendre contact avec leur bébé, apprendre à répondre aux besoins de cet enfant et être entourées de personnes bienveillantes pour s’occuper de leurs besoins à elles.

Cette période peut tourner au cauchemar, à l’épuisement et à la dépression si la nouvelle mère doit continuer de s’occuper de tout comme avant, si elle ne réussit pas à se reposer, si elle est anxieuse, si elle ou son bébé a des problèmes de santé.

Ainsi, alors que son corps s’est ouvert à son maximum pour faire sa place à cet enfant et l’accompagner à naître, la femme qui vient d’accoucher est vulnérable comme jamais. Tout ce qui lui parvient, tout ce qu’elle perçoit est amplifié, elle n’a plus de filtre, elle est à fleur de peau. Il faudra 40 jours à son corps pour se refermer et pour qu’elle commence à se retrouver. Maintenir un cocon protecteur autour de soi pendant cette période sensible est donc un besoin essentiel, un réel besoin de base.

Aujourd’hui on n’accepte plus de se faire aider comme avant. On se dit qu’on devrait être capable de tout faire seule, sinon c’est s’avouer faible… Bas les masques, soyons honnêtes et parlons vrai. Se faire aider est un besoin de base, comme celui de manger. Alors, en route pour l’aventure !